Discussions incertaines entre les Etats-Unis et l’Iran

Les Etats-Unis et l'Iran sont censés tenir, à Islamabad, des pourparlers à partir de ce vendredi (10.04), sous l'égide du médiateur pakistanais, pour transformer la trêve de deux semaines, conclue le 8 avril, en paix durable.
Le vice-président JD Vance a mis en garde l'Iran, vendredi, contre toute tentative de se "jouer" de Washington", avant de s'envoler pour le Pakistan. L'équipe américaine compte aussi l'émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
La délégation iranienne n'a pas été annoncée officiellement. Mais il est évoqué la présence du président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le trafic reste grippé dans le détroit d'Ormuz
La guerre au Moyen-Orient a fait plus de 3.000 morts selon l'organisation Hrana, basée aux Etats-Unis. Elle a aussi bousculé l'économie mondiale, avec le blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par lequel transitent un cinquième des hydrocarbures dans le monde, notamment à destination des pays asiatiques.
L'accord de cessez-le-feu prévoyait une réouverture de ce passage maritime, mais pour l'heure, les navires ne passent qu'au compte-goutte. Donald Trump a ainsi accusé l'Iran de faire "vraiment du mauvais boulot" pour "permettre au pétrole de traverser le détroit d'Ormuz".
"Ce n'est pas l'accord que nous avons !", a lancé le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Il s'agit là d'un des nombreux points d'achoppement qui compromettent d'éventuelles discussions de paix.

Plus largement, plusieurs versions circulent sur les demandes iraniennes. Selon les dix conditions présentées par Téhéran, les exigences iraniennes sont maximalistes : l'Iran veut notamment continuer à enrichir son uranium. Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a exclu toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des demandes fondamentales des Etats-Unis et d'Israël.
Téhéran compte aussi instaurer un péage pour les tankers et méthaniers dans le détroit d'Ormuz pour financer la reconstruction des infrastructures détruites par les frappes américaines et israéliennes. Téhéran demande aussi la levée des sanctions internationales.
Demandes maximalistes des Iraniens
Même si la Maison Blanche affirme avoir proposé un plan en 15 points, la position américaine reste toutefois difficile à lire, tant les objectifs de guerre, flous depuis le début, n'ont cessé d'évoluer.
Par exemple, après avoir voulu un changement de régime et un soulèvement du peuple iranien, le président Donald Trump a proposé, cette semaine, de créer une entreprise commune avec les autorités à Téhéran, pour se partager les revenus générés par d'éventuels droits de douane dans le détroit d'Ormuz.
Les frappes israéliennes qui se poursuivent au Liban contre le Hezbollah remettent également en question ces pourparlers. Selon le président iranien, la poursuite de cette offensive rend des négociations "dénuées de sens”.
300 morts en une journée au Liban
Après des bombardements coordonnés qui ont fait au moins 300 morts et plus d'un millier de blessés à Beyrouth mercredi (08.04), le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé, jeudi, avoir ordonné à son cabinet d'engager des "négociations directes" avec le Liban. Mais Beyrouth insiste sur "un cessez-le-feu avant tout début de négociation", a déclaré un responsable libanais requérant l'anonymat.
L'Onu réclame également que le Liban soit inclus dans la trêve. Cet appel vient aussi de l'Union européenne, de l'Allemagne, de la France, ou encore de la Russie.
Le Pakistan a aussi dénoncé les frappes sur le Liban, qualifiant Israël de "diabolique” et de "malédiction sur l'humanité", l'accusant de commettre un génocide au Liban. Un message "honteux", ont rétorqué les services du Premier ministre israélien.