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EconomieMali

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso restent dans l'Uemoa

Georges Ibrahim Tounkara
31 janvier 2024

Si la rupture avec la Cédéao est presque consommée, ces trois pays restent membres de l'union monétaire Uemoa, dont ils conservent le franc CFA.

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Le franc CFA, la monnaie commune à plusieurs pays de l'Afrique de l'ouest
Le Mali, le Burkina et le Niger restent toujours dans l'espace UemoaImage : SEYLLOU/AFP

Le Mali restera jusqu’à nouvel ordre dans l'Union monétaire ouest-africaine (Uemoa), après l’annonce de son retrait de la Cédéao. 

L’annonce a été faite par le ministre malien des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye Diop, en visite à Lomé, où il été reçu par le président togolais, Faure Gnassingbé.

Le Niger et le Burkina Faso devraient sans doute, eux aussi, rester au sein de cette organisation.

Mais, pour l’économiste sénégalais, Samba Sylla, ces trois pays se donnent sans doute juste du temps avant de créer une monnaie qui leur sera commune.

"Ces pays se préparent pour faire ce qu’il faut, c’est-à-dire créer leur monnaie nationale, ou une monnaie commune. Il me semble que du moment où la décision a été prise de chasser la France, il serait normal,  logique de sortir du système CFA qui est un instrument répressif qui est utilisé contre des pays qui seraient en froid avec la France", estime l'analyste.

A Jibia à la frontière entre le Niger et le Nigeria
Les échamges commerçaiux sont perturbés depuis les coups d'Etat dans certains pays de la régionImage : Mohammed Babangida/AP/dpa/picture alliance

Refonte de l'Uemoa

Une analyse que semble confirmer le chef de la junte burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, qui a affirmé qu’avec la Cédéao, c’était un "chemin de non-retour" et qu’ils s'attaqueraient "probablement" à la monnaie, le franc CFA, prochainement.

L’économiste togolais, Yves Ekoue Amaizo,  estime pour sa part, qu’il pourrait y avoir cette fois, des discussions au sein de l'Uemoa en vue d'une refonte de l'institution financière. 

"Il y a une négociation qui va avoir lieu sans hypocrisie entre Africains. La position de certains des pays de l’Uemoa qui, souvent, sont en phase avec l’AES ( l'Alliance des Etats du Sahel, ndrl), n’est pas celle qui est dite officiellement. Si ce consensus est trouvé, ce qui dérange va être mis sur la table, à commencer par la monnaie. Si un accord est trouvé, ce n’est pas sûr que ce soit l’AES qui quitte l’Uemoa, mais des pays de l’Uemoa qui rejoignent les idées de l'AES", explique l'économiste.

L’Uemoa avait ordonné le gel des avoirs du Mali, du Burkina et du Niger après les coups d’Etat militaires.

Des sanctions qui se sont ajoutées à d’autres, plus dures encore, comme le blocus économique imposé au Niger par les autres Etats de la Cédéao.

L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine compte, à ce jour, huit Etats membres, à savoir, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

Elle se caractérise par des pays qui ont en commun une même monnaie, le Franc de la Communauté Financière Africaine, (CFA), dont l’émission est confiée à la BCEAO.

Georges Ibrahim Tounkara Journaliste au programme francophone de la Deutsche Welle