Rwanda: les infrastructures non adaptées aux handicapés physiques, une barrière à leur bien-être

Certaines personnes avec des handicaps physiques affirment qu’il leur est difficile d’accéder aux services visant leur bien-être à cause des infrastructures qui ne sont pas favorable à leurs moyens de déplacement. Ce problème est plus complexe chez les personnes naines qui se sentent ignorées à cause de leur petite taille par les livreurs des services qui disent qu’elles sont invisibles.

Irihose Jean de Dieu est l’une des personnes vivant avec un handicap physique. Habitant dans le Secteur Nyarusange, District de Muhanga, le jeune homme âgé de 29 ans a eu un accident de voiture  en 2010. Les os de son dos ont été endommagés de façon que depuis, il ne peut pas se tenir debout. Assis dans un fauteuil roulant, il dit qu’il lui est difficile d’avoir accès à certains services à cause des infrastructures dans lesquelles ces derniers sont délivrés qui ne sont pas adaptés à tout moyen de déplacement.

D’une voix remplie de mécontentement, il explique: „Dans la vie quotidienne, une personne a besoin de se faire couper les cheveux, de se nourrir, au restaurant ou à la maison, d’aller dans un banque pour avoir accès aux services bancaires, etc. Seulement les bâtiments qui abritent ces services ne sont pas du tout adaptés aux fauteuils roulant. Si par exemple j’ai besoin de me faire couper les cheveux et que le salon de coiffure est à l’étage, il me faudra quelqu’un pour me déplacer jusque là. Et si je n’ai personne pour m’aider, je risque de ne pas me faire couper les cheveux.“ Selon Irihose, ce genre de problème n’est pas particulier à lui, mais plutôt général pour toutes les personnes vivant avec des handicaps physiques.

„Ce n’est pas moi seul qui rencontre ce genre de problème, et c’est un grand obstacle à notre bien-être en tant que humains. Un jour j’ai du envoyer quelqu’un pour retirer mon argent à la banque car je pouvais pas me déplacer jusqu’au guichet et il m’a volé. Au moins si toutes les infrastructures qui abritent les services dont on a besoin dans la vie courante étaient adaptés aux différents moyens de déplacement des personnes avec un handicap physique, notre vie serait meilleure“, continue-t-il.

Il n’y a pas que les personnes se déplaçant à l’aide de fauteuils roulant qui trouvent que le problème d’infrastructures handicape leur bien-être, car les personnes naines aussi, même si elles sont capables de se déplacer à pieds, disent que les tables se trouvant dans les bureaux de travail ne leur sont pas favorables. Tuyishimire Honorine est l’une d’entre eux. „A cause de notre petite taille, nous sommes souvent ignorés par les livreurs des services“, raconte-t-elle. „Dans les banques, les guichets sont très hauts. On ne peux même pas voir la personne qui te sert, il nous faut un support pour appuyer notre petite taille. Ce que nous trouvons très grave, c’est que certains livreurs de services nous ignorent en disant que nous sommes invisibles„, s’exclame-t-elle d’un ton indigné.

Selon cette femme de 33 ans et qui est née naine, le gouvernement rwandais devrait mettre sur place une stratégie de suivi du sixième chapitre de la loi n° 01/2007 du 20/01/2007 protégeant les personnes avec des handicaps au Rwanda, qui prévoit que les infrastructures abritant les services doivent être adaptées à tout les Rwandais, sans exception.

Tant en ville qu’en campagne, ce problème s’observe

Bukebuke Aimable est le représentant du . Il dit que les problèmes que rencontrent les handicapés sont nombreuses. „En tant que journalistes, nous rencontrons très souvent les personnes handicapées dans plusieurs coins du pays. Que ce soit en ville ou à la campagne, les problèmes d’accès aux services sont fréquents“, affirme-t-il.

Il explique: „Depuis la mise en place de la loi protégeant les handicapés, certaines personnes ont pu instaurer dans leurs infrastructures des chemins pour les personnes avec des handicaps physiques. Mais ce sont peu de businessmen qui ont jugé utile de mettre en place ces chemins d’accès pour les personnes handicapées aux services qui se délivrent dans leurs bâtiments. Il y a un bon nombre des maisons à étages sans ascenseur et ces dernières abritent les écoles, les cliniques médicales, les banques, etc. Et se sont les services dont tout le monde a vraiment besoin. Même sur les routes il n’y a pas de places réservées aux personnes avec des handicaps physiques. Pire encore, dans les bureaux des districts administratifs, certains services se délivrent à l’étage et il y a pas moyen d’y accéder pour les personnes handicapées…“. Comment les personnes avec des handicaps physiques peuvent-t-elles se développer et contribuer à leur bien-être alors que les services dont elles ont besoin jours après jour ne leurs sont pas toutes accessibles?“, se demande ce journaliste qui est aussi handicapé physique et qui se déplace à l’aide de béquilles.

Selon lui, les politiciens et autorités locales doivent s’impliquer d’avantage afin que ce problème trouve une solution durable: “ Même si le gouvernement rwandais a mis en place des instructions et règles, et a donné surtout les modèles adéquats pour la construction des bâtiments afin qu’ils soient praticables pour les personnes handicapées, le suivi de la mise en application de ces lois et instructions est un besoin primordial, et ceci doit être fait par les autorités locales et centrales„.

Que disent les autorités à ce propos?

La secrétaire d’État au ministère de la Gouvernance locale chargé du bien-être, Dr Alivera Mukabaramba, assure que le gouvernement rwandais a mis en place toutes les stratégies permettant à tout les Rwandais d’être égaux devant la loi sans exception des personnes handicapées. Elle reconnaît que même s’il y a une volonté politique pour que les personnes handicapées puissent avoir accès aux services comme tous les autres Rwandais, il y a la faiblesse de certaines autorités au niveau du suivi de la mise en application des lois et règlement instaurés en faveur des personnes handicapées. Dr Mukabaramba promet qu’elle va s’impliquer dans la solution de ce problème dans les plus brefs délais: „Le chemin à parcourir est encore long. Il y a un pas qui a été franchi mais qui a besoin d’être soutenu par tout le monde. Ce que je peux dire est que les problèmes des personnes handicapées nous préoccupent, et que nous allons tout faire pour que cette catégorie de Rwandais puisse se sentir mise en valeur comme tout autre Rwandais.“

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