RDC : l’irrégularité du courant électrique un frein aux activités socio-économiques à Walungu

Ligne électrique haute tension Walungu

Poteau qui alimente la cabine électrique de MUGOGO

L’irrégularité/absence vécue de l’énergie  perturbe différentes  activités  à caractère  social et économique exercées dans les différents villages de ce territoire. Plusieurs sources d’énergies sont expérimentées par les communautés rurales de Walungu. Cependant, la solution demeure inefficace compte tenu des besoins exigeants de la population.

Le territoire de Walungu est traversé par la ligne principale « haute tension » du courant électrique fourni par la Société Nationale d’Electricité, SNEL /Sud-Kivu en provenance de la centrale hydroélectrique de RUZIZI, un cours d’eau important du lac Kivu. L’on note aussi la présence de certaines centrales hydroélectriques pour alimenter certains  centres dans les villages.

Malgré cette diversité de sources d’énergie, plusieurs activités socioéconomiques connaissent d’importantes pertes dues à l’absence ou l’irrégularité du courant électrique. Différents services sociaux tels que les moulins, les salons de coiffure, les centres de santé, les stations de radiodiffusion, des petites entreprises de transformations des produits agricoles et autres en sont les premières victimes.

Point de vue des habitants victimes ?

Exploitant d'un secrétariat public surpris par la coupure du courant

Exploitant d’un secrétariat public surpris par la coupure du courant

 

Pour Monsieur Bertin, qui exploite un secrétariat public, lorsqu’il n’a plus d’autonomie dans son ordinateur, il se demande comment le recharger. A  tout moment qu’il manque d’énergie, c’est sa clientèle qui s’oriente ailleurs et c’est de l’argent perdu. Selon monsieur Jacques BISIMWA, habitant et meunier du village dénommé BIDEKA, la SNEL semble privilégier les citadins au détriment des populations rurales. Elle devrait revoir son programme pour satisfaire tous ses abonnés sans discrimination.

Ceux qui vendent les panneaux solaires les livrent à un prix exorbitant à telle enseigne que le petit meunier n’est pas en mesure de se procurer un dispositif pour faire fonctionner le moulin. Les quelques micros barrage installés dans les villages ont une capacité très limitée pour servir toute une entité donnée.

« J’ai chez moi un moulin pour le traitement de maniocs, maïs et sorghos, la SNEL ne me sert en courant que vers minuit et même au-delà de cette heure, quand je me lève vers 5 heures du matin, le courant n’y est plus, or mes clients arrivent tres souvent avant midi, ils me demandent de les servir à la même heure. Je fais toujours recours au groupe électrogène, c’est une dépense supplémentaire qui m’amène tout droit à une perte. Ce courant m’est utile seulement  lorsqu’il est fourni  entre 15h30 et 18h30, mais pour le reste je travaille à perte » a déclaré monsieur Jacques.

 

 

 

 

 

illustration du délestage

Madame BAHATI Divine, enseignante dans une école secondaire : « le soir, quand je cherche à préparer mes leçons, le courant me déçoit, les enfants voulant répéter la matière du jour subissent le même sort. J’avais acheté un réchaud pour la cuisine et un fer à repasser mais je ne les utilise plus car tantôt la quantité du courant est insuffisante, tantôt il est fourni à des heures tardives, j’achète des bois de chauffe ou des braises pour cuire les aliments. Pour l’éclairage, nous utilisions des lampes à pétrole ou des torches. Chose qui n’est pas facile à vivre.

Pour faire face à cette situation, mon mari a acheté un panneau solaire et ses accessoires il y a de cela une année. C’est ce qui nous aide, moi et mes enfants, à faire nos devoirs scolaires chaque soir ».  

Que disent les agents concernés ?

Selon les interventions du directeur provincial de cette société de fourniture du courant de juillet 2018 aux médias de Bukavu, la Société Nationale d’Electricité, SNEL est butée à plusieurs difficultés, surtout pendant cette période de saison sèche.

« Le niveau d’eau est en baisse, laquelle constitue la cause majeure de la hausse ou la baisse de la quantité du courant à fournir.

La quantité produite n’est pas en mesure de servir tous nos abonnés au même moment. Ainsi nous optons pour des programmes de délestages pour servir nos abonnés à tour de rôle, soit pour un intervalle calculé en heures ou en jours. En ville comme au village ils se lamentent mais nous aussi nous n’avons pas de choix, en saison pluvieuse il n’y pas trop des plaintes étant que le niveau d’eau monte ».

Pour les responsables des micros barrages, ils avouent qu’ils sont butés aux problèmes de financement. Pour les vendeurs des panneaux solaires, ils mettent à la disposition de tous leurs produits. La possibilité financière de chacun lui permet de prendre ce qui est adapté à sa bourse.

 Mesure  d’adaptation  

Park solaire pour radio Bubusa

 

Certaines structures et ménages font  recours  aux  panneaux solaires avec batteries rechargeables reliées à des convertisseurs pour faire fonctionner leurs appareils. C’est le cas de Radio BUBUSA de Mugogo/Walungu qui utilise l’énergie solaire couplée avec l’éolienne pour non seulement ses émissions mais aussi pour protéger l’environnement.

Eolienne pour radio Bubusa FM

Toutes ces démarches entrainent par ailleurs des grosses dépenses qui sans doute constituent un manque à gagner pour les populations rurales qui sont naturellement pauvres. Regardons la vidéo.

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