L’éducation des enfants burundais, un défi pour l’égalité en milieu rural

 Dans la commune de Giheta, l’inégalité des genres est inculquée dans l’éducation des enfants depuis le bas âge. Les parents interviewés affirment qu’ils se retrouvent en train de partager les tâches entre leurs filles et fils même sans le savoir. Et, quand on leur demande pourquoi ils éduquent leurs enfants dans l’inégalité, ils répondent que « la société burundaise est construite de telle manière ».

Des témoignages en disent beaucoup

Anociate Nirera et Jean Pierre Nkurikiye sont frères et sœurs. Dans leurs tâches quotidiennes, la première témoigne qu’elle doit accompagner sa mère dans les champs tous les jours. Et, ce soir, elle doit aller puiser l’eau, faire la vaisselle ainsi que d’autres travaux ménagers. Tandis que son frère peut passer tout l’après-midi en train de jouer avec ses amis. Quand on demande à cette fille si elle apprécie ce partage de tâches, elle répond que comme elle voit que dans son entourage, tout le monde le fait comme cela, elle est obligée de l’accepter ainsi.

Seconde Bukumi est une femme originaire de la Colline Gisuru, dans la province de Gitega. Elle a fait savoir qu’en milieu rural, les droits de la femme ne sont pas respectés. Elle a fait savoir que depuis le bas âge, les petites filles sont éduquées dans l’inégalité. « On inculque à la petite fille qu’il y a des travaux réservés à elle mais que son frère ne peut pas faire. La fille doit faire le lit, faire la vaisselle, accompagner sa mère dans les champs. En revanche, le garçon grandit en mettant dans la tête qu’il ne peut pas faire ces tâches ci-haut citées », a mentionné Mme Bukumi.

Seconde Bukumi vendeuse de haricots verts/kibimba

Cette dame ajoute que quand les enfants grandissent, ils restent avec ces mentalités jusqu’à ce qu’ils fassent les mariages. Dans leurs familles, ces inégalités se remarquent toujours. C’est pour cette raison que des fois, c’est la femme qui va toujours seule aux champs tandis que son mari fait de petits travaux en attendant l’après-midi pour aller dans les bistrots.

Mme Bukumi a témoigné qu’elle va seule aux champs. Et pendant la récolte, son mari prend l’autorité sur toutes ces récoltes. Aussi, son mari peut décider de vendre une partie des récoltes pour ses fins. Et lorsque sa femme s’y oppose, les querelles commencent en prétextant qu’elle veut être au-dessus de son mari.

Notre source reconnaît que les mentalités se basant sur l’inégalité des genres ont joué un mauvais rôle dans le développement de la femme. Mais, elle interpelle toutes les femmes en général d’éduquer leurs enfants en toute égalité de telle façon que les enfants grandissent en mettant dans la tête qu’ils ont les mêmes droits.

Des sensibilisations pour défendre les droits des femmes

Joseph Niyonzima quant à lui reconnaît l’inégalité des genres en milieu rural. Il affirme que certains hommes violent les droits des femmes en prétextant que ce sont eux qui doivent gérer les biens de la famille. Mais il dit qu’avec la sensibilisation des associations qui luttent pour les droits des femmes, ces hommes ont changé d’idées. Maintenant, ils reconnaissent que dans un foyer, les femmes et les hommes ont les mêmes droits.

Beatrice Bigirimana coordinatrice du « CDFC » Giheta

Beatrice Bigirimana est une responsable du CDFC (Centre du développement familial et communautaire). Elle indique qu’en milieu rural, les inégalités des genres se remarquent. Et, cela depuis le bas-âges. Pour y faire face, le CDFC essaie de sensibiliser les hommes qu’ils doivent reconnaître que dans un foyer, ils ont les mêmes droits de gérer leurs biens. Il plaide aussi pour les droits des femmes en les mobilisant d’adhérer dans les associations féminines afin de pouvoir revendiquer leurs droits. Mais aussi, pour faire de petits projets qui génèrent les revenus dans le but de s’auto-développer.

Écoutez le reportage sur l’inégalité des genres en commune Giheta:

 

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