Les petits groupes de solidarité, sources de financement pour la femme rurale

Les groupements de femmes ont un impact positif sur leur autonomisation. Les femmes bénéficiaires de petits crédits se réunissent pour partager les dividendes . Elles conseillent aux autres d’adhérer afin de lutter contre la pauvreté.

les membres des groupemets partagent les dividendes

Celle qui a contracté un crédit doit le rembourser avec un intérêt de 5%.

Marina BAMPORUBUSA de la colline Bukinga de la commune Giheta est membre de l’association appelée « Dushigikirane » qui peut signifier « Solidarisons-nous » en français. Cette association compte 28 membres. Elle a pour objectif d’autonomiser les femmes en passant par l’épargne et crédit. « Dans cette association, il n y a pas de montant fixe pour épargner. Chaque femme amène ce qu’elle a reçu. Nous commençons avec 500FBu, 1000FBu, etc.» explique-t-elle.Quand il s’agit de contracter un crédit, une membre doit d’abord présenter un petit projet qu’elle veut réaliser. D’autres membres en discutent. Des fois, il arrive que ces membres peuvent lui conseiller de changer ce projet parce qu’elles voient qu’il ne procure pas de revenu.  « Nous nous entraidons dans le choix des projets à réaliser,  beaucoup de femmes réussissent et ont un bénéfice non négligeable. Celle qui a contracté un crédit doit le rembourser avec un intérêt de 5% » , ajoute-t-elle.

 

Nous nous entraidons dans le choix des projets à réaliser

„avec deux chèvres, je ne peine plus pour avoir du fumier“.

selon Bamporubusa ,l’association l’a beaucoup aidée dans la réalisation de son projet. Elle a contracté un crédit et a acheté une chèvre. Celle-ci a déjà mis au monde. Une autre femme a ouvert une boutique, une autre a acheté des chèvres. „Tout cet argent provient des épargnes que nous faisons“ raconte -t-elle. Elle affirme que le bénéfice qu’elles ont eu leur ont servi à la construction des toilettes et des maisons modernes.

« On ne nous sous-estime plus »

Pour Marina, les associations contribuent dans l’autonomisation de la femme en général et celle rurale en particulier. Elle précise que les crédits contractés auprès de l’association les aident dans la contribution de la gestion de leurs familles. «  Avant d’adhérer dans une association, je n’étais pas capable de m’acheter quoi que ce soit. J’étais obligée de demander toujours de l’aide de mon mari. Des fois, ce dernier me considérait comme une consommatrice seulement. D’autres fois, il me disait que je ne suis capable de rien sauf d’être une femme de ménage. Par conséquent, il me sous-estimait en disant qu’il ne pouvait même pas me consulter quand il s’agissait de prendre certaines décisions qui engagent notre foyer. Cela me faisait extrêmement mal malgré moi », a ajouté Mme Bamporubusa.

Une autre membre de l’association indique elle aussi que maintenant, son mari ne la sous-estime plus. Avant de prendre des décisions qui concernent la famille, il la consulte. Cela parce qu’il a vu que sa femme contribue elle aussi dans la gestion de leur foyer.

Et, quand il s’agit de penser à un projet qui sera bénéfique pour leur foyer, il la met au courant et lui demande aussi des conseils. Cette femme donne ses contributions. Elle peut même proposer à son mari de changer ledit projet en lui en suggérant un autre. Son mari n’hésite pas à accepter la proposition de sa femme parce qu’il voit qu’elle aussi va contribuer financièrement dans la réalisation de ce projet.

 Les associations contribuent à la prise en charge personnelle

Une autre femme veuve, membre de l’association dushigikirane, confirme que cette association est venue à point nommé. Avant d’être membre de ladite association, elle vivait dans une maison qui ressemblait à une hutte. « J’avais moi-même honte de la voir“, témoigne-t-elle. „En plus, je n’avais pas les moyens pour envoyer mes enfants à l’école. Avant d’avoir de quoi se mettre sous la dent, j’étais obligée d’aller chercher un petit job chez les voisins qui ont des moyens financiers. J’y passais toute la journée. Le soir, ils pouvaient me donner soit la nourriture ou l’argent. »

« Maintenant, j’ai contracté un crédit auprès de l’association dushigikirane », poursuit-elle fièrement. « J’ai construit une maison moderne. Avec l’argent qui est resté, je fais le commerce de denrées alimentaires de première nécessité comme le sel, les savons de lessive, le pain, etc. Aujourd’hui, avec l’aide de l’association, personne ne peut me distinguer des autres femmes qui ne sont pas veuves. Tous mes enfants fréquentent l’école et nous n’avons plus de problèmes pour avoir de quoi manger », se félicite-t-elle.

Toutes ces interlocutrices profitent de l’occasion pour interpeller d’autres femmes, qui restent encore enfermées dans leurs maisons et font face aux problèmes d’autonomisation, pour qu’elles adhèrent à des associations afin d’échanger avec d’autres femmes sur les projets à réaliser dans le but de s’auto-développer.

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