Education inclusive au Burundi : la sensibilisation et les centres spécialisés méritent d’être renforcés

Les enfants vivant avec handicap sont confrontés à plusieurs défis quand ils tentent de suivre une formation dans l’enseignement formel. Le programme d’éducation inclusive est salutaire pour eux mais il tarde à être effectif.


Olga et sa soeur

Olga Muco est une jeune fille vivant avec un handicap physique et mental. A  18 ans, elle passe en 6ème année fondamentale avec la rentrée scolaire de ce 11 septembre 2017. Comme elle se déplace sur une chaise roulante, elle ne peut pas franchir les marches des classes et des toilettes des enfants normaux, et c’est l’une des causes qui l’ont poussée à commencer tardivement l’école, en plus de son handicap et de la peur de ses parents d’être stigmatisés pour avoir mis au monde un enfant handicapé.

« Il a fallu que les écoles pilotes de l’éducation inclusive ouvrent leurs portes, sinon elle n’aurait jamais pu aller à l’école et acquérir des connaissances », affirme la mère de Olga, Mme Josepha Habonimana (écoutez son interview complète ci-dessous), qui ajoute que même dans ces écoles les défis restent énormes pour les enfants vivant avec un handicap.

Actions déjà menées par l’Etat dans le cadre de l’école inclusive

Le coordonnateur de la cellule « Education inclusive » au sein du ministère qui a l’Education dans ses attributions, M.Tharcisse Ncamumikani, a indiqué  que le gouvernement est en train de mener des actions visant à relever les défis observés en cette matière d’éducation inclusive.

L’une des actions déjà entreprise a été la création de cette cellule qui s’occupe de l’éducation inclusive, par le décret-loi numéro 610/902 du 6 mai 2015, et avec un cahier  de charge qui permettra d’élaborer une politique nationale en matière d’éducation inclusive et de la mettre en œuvre.

Une autre action réalisée par le gouvernement est la passation  du concours national, depuis 2012, par des écoliers  malvoyants, ainsi que l’orientation des lauréats, au lycée « Notre dame de la Sagesse de Gitega » où ils poursuivent leurs études avec des enfants valides. Bien plus, le principe d’accepter les demandes d’enregistrements à l’école des enfants vivants avec un handicap est acquis dans tous les établissements publics du pays. Actuellement, on compte environ 7000 enfants vivant avec un handicap dans les établissements primaires et secondaires publics du pays, selon une enquête non encore validée.

En ce qui concerne le matériel didactique, le ministère qui a l’éducation dans ses attributions a créé depuis deux ans une ligne budgétaire de 15 millions de francs bu par an. Pour l’avenir,  il compte notamment construire un centre de référence  pour l’éducation inclusive d’une capacité d’accueil de 1000 enfants internes. La requête lancée à l’UNICEF  pour cette construction a reçu une réponse favorable.

Rendre l’école inclusive plus effective

Le gouvernement devrait notamment appuyer la sensibilisation des parents des enfants vivant avec un handicap à les envoyer à l’école, mais aussi encourager les centres spécialisés qui, jusqu’ici fonctionnent grâce aux initiatives privées. C’est l’une des recommandations de Vianney Kirajagaraye, point focal du programme « Education Inclusive » à l’Union des Personnes Handicapées du Burundi (UPHB).

Vianney Kirajagaraye, point focal  Education Inclusive l’UPHB.

L’ampleur du handicap reste méconnue au Burundi

Il n’y a presque pas de statistiques sur le handicap sur le Burundi, aussi bien en ce qui concerne les jeunes qu’en ce qui concerne les adultes.  Selon les estimations de l’OMS et de la Banque mondiale, 15 % de la population mondiale est atteinte d’un handicap, soit environ plus d’un milliard de personnes handicapées vivant à travers le monde. De ces 15%, à peu près 80% seraient dans les pays en développement, d’après la Banque mondiale. Les résultats du dernier Recensement général de la Population et de l’Habitat du Burundi montrent que la population burundaise est de 8 053.574 habitants, en appliquant la formule de 15%, le nombre de personnes handicapées au Burundi serait d’environ 1.208.036 mais si on se réfère aux 80% de la Banque mondiale, ce nombre peut facilement être revu à la hausse.

Il n’y a pas de doute que l’effectif des personnes handicapées n’a cessé de s’accroître  au Burundi vu le nombre de facteurs invalidant qui a augmenté ces dernières années. Il s’agit entre autres de la misère, des crises politico-sécuritaires, de la malnutrition, des maladies comme le diabète, l’hypertension, etc.

Olga entre en 6ème année au moment où son  petit frère qui l’accompagne normalement à l’école passe au  4ème degré de l’école fondamentale. Du coup, les deux écoliers n’auront plus le même horaire scolaire. Elle a besoin d’un accompagnateur, mais aussi d’une chaise roulante parce que celle qu’elle utilise est très veille.  Sa mère souhaite que le gouvernement prenne en charge le transport à l’école des enfants vivant avec un handicap.

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