Contrôle des ressources du ménage : une utopie pour les Burundaises des milieux urbains

Seuls 17,7% des propriétaires fonciers sont des femmes

L’accès et le contrôle des ressources du ménage est inégal entre l’homme et la femme dans les villes. Une situation qui trouve ses explications entre autres dans la tradition burundaise et dans le code des personnes et de la famille.

Interrogées à ce sujet, certaines femmes de Bujumbura indiquent ne pas  avoir le même accès que leurs maris aux biens du ménage. Elles déplorent que leurs maris, qui décident unilatéralement de l’affectation des ressources de la famille, n’accordent pas toujours l’attention nécessaire aux besoins qu’elles considèrent comme fondamentaux pour les enfants, en l’occurrence l’alimentation et la scolarisation.

Par ailleurs, a indiqué une  autre source féminine, même lorsque l’homme consent à coopérer avec sa femme dans la gestion et le contrôle des ressources, dans la pratique, le budget de madame couvre les dépenses courantes du ménage (l’alimentation, l’habillement, les soins des enfants, les  dépenses sociales,…) au moment où celles de l’homme sont affectées au loyer ou à la construction d’une maison, ainsi qu’à d’autres grands projets familiaux. Au final, on a l’impression que seul le budget utilisé par le mari a servi à quelque chose. Ce qui est désolant davantage, les femmes ne sont pas consultées pour l’affectation des ressources communes:

 

Les mentalités y sont pour quelque chose

Malgré le fait qu’ils sont  instruits et souvent bien  informés sur les droits  des hommes et des femmes, les hommes se réservent le dernier mot  dans le  contrôle  des ressources familiales. Une question de mentalités selon la coordinatrice du Collectif des Organisations et ONG féminines du Burundi, Mme Cécile Mubindi:

 

Le  code des personnes et des familles ne facilite pas  non plus l’affaire

Par ailleurs, en analysant les faits sous un angle juridique, certains codes et lois confortent aussi les inégalités dans l’accès et le contrôle des ressources familiales. C’est le cas du code des personnes et de la famille (CPF) , comme l’indique la coordinatrice de l’Association des femmes juristes du Burundi (AFJB), Mme Marie  Emerusabe, en se référant à l’article 122 du même Code:

Au moment où le Burundi a déjà ratifié des instruments internationaux et régionaux dont la Convention  pour l’Elimination de toutes formes de Discrimination à l’Egard de la Femme (CEDEF),  des sensibilisations en faveur de l’égalité homme/femme s’avèrent nécessaires pour amener les textes de  lois et les mentalités à  s’y adapter.

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