Burundi – EAC – Femmes: Une plateforme en ligne de 50 millions de femmes de l’Afrique australe, centrale et orientale

Une plateforme mettant en réseau au moins 50 millions de femmes œuvrant dans le secteur des affaires des pays de la communauté de l’Afrique de l’est (EAC), de la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale (COMESA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sera mise en place à travers un projet conjoint des trois organisations. Un cadre d’échange d’informations qui contribuera à relever les défis auxquels font face les femmes qui font le commerce dans les trois régions.

Deux femmes et un homme attendant les clients à leur stand dans un quartier de Bujumbura

L’objectif principal de la plateforme est de contribuer au renforcement du pouvoir économique des femmes à travers la mise en place d’un cadre de réseautage qui fournit de l’information sur les services financiers et non financiers. Le projet qui la mettra en place s’intitule « 50 million african women speak networking platform project ». Il a démarré ses activités depuis décembre 2017 et doit durer trois ans, selon son coordonnateur, M. Wilson Muyenzi.

Un cadre d’échange d’informations commerciales

La plateforme de 50 millions de commerçantes vivant dans les trois communautés sera un lieu d’échange d’informations, de connaissances et de produits dans le cadre du commerce transfrontalier entre les trois communautés et au-delà des frontières. Elle vient renforcer, selon le secrétaire permanent au ministère burundais des Droits de la personne humaine, des Affaires sociales et du Genre, M. Félix Ngendabanyikwa, les efforts du gouvernement du Burundi qui visent à permettre à la femme d’accéder à ses différents droits prônés par les instruments nationaux, régionaux et internationaux.

Elle fournira notamment les contacts détaillés des vendeurs et des acheteurs. Sa particularité réside dans l’interactivité qu’elle offrira aux usagers en matière d’information sur les marchés. Une opportunité d’acheter et de vendre.

L’information sur les appels d’offre et les approvisionnements, de même que sur la façon de préparer une offre gagnante ainsi que l’information relative aux appels d’offre du continent africain, seront disponibles sur la plateforme. Les institutions gouvernementales, les ONGs et les agences des Nations unies seront contactées pour y partager leurs appels d’offre.

Les accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux, ainsi que les politiques nationales ou régionales qui promeuvent le renforcement économique des femmes seront également disponibles sur la plateforme. Il s’agira particulièrement des textes qui méritent d’être portés à la connaissance de tous pour renforcer la prise de conscience et le plaidoyer.

En plus de cela, la plateforme sera un lieu de témoignages sur les histoires de succès, et de construction de réseaux de mentoring entre pairs.

Toutes ces informations seront fournies par les pays membres des trois organisations. Des structures seront mises en place dans chaque pays et au niveau de chaque organisation pour l’opérationnalisation du projet.

Relever les défis des femmes engagées dans le commerce

« Le projet vient alléger le fardeau des femmes burundaises engagées dans le commerce, à travers le partage d’information et de connaissances avec les femmes d’au-delà des mers, via les téléphones mobiles », a indiqué, M. Ngendabanyikwa.

En effet, explique-t-il, il existe des défis qui handicapent le développement des femmes, liés notamment à l’accès aux services financiers comme les crédits, à la méconnaissance des informations relatives aux marchés pour leurs produits, aux taxes sur les produits et autres informations connexes.

Les commerçantes à faible revenu risquent de ne pas avoir leur place au soleil

Thérèse Nduwimana, de l’ONG burundaise Dushirehamwe, a participé à la séance de consultation nationale des parties prenantes en juin 2018 à Bujumbura. Pour elle, la plateforme constitue une aubaine pour les femmes commerçantes. Mais cela semble évident uniquement pour les femmes qui ont accès aux nouvelles technologies d’information et de communication.

Elle recommande que les gestionnaires du projet s’assurent que les vendeuses de la campagne, qui n’ont ni smartphones ni ordinateurs, aient accès aux informations qui y seront fournies.

Les parties prenantes du projet

Au niveau régional, les trois organisations, à savoir la CEDEAO, le COMESA et l’EAC, en constituent les agences d’exécution. Au niveau local, les parties prenantes du projet sont le ministère qui a le Genre dans ses attributions et le ministère à la présidence chargé des affaires de l’EAC, les organisations féminines, le secteur privé, les organisations de la société civile et les ministères partenaires. 30 pays africains sont concernés, avec plus de 900 millions d’habitants.

Agathonique Barakukuza

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