Commerce transfrontalier: une source d’autonomisation pour les femmes du Burundi

Le petit commerce transfrontalier exercé par les femmes à travers la rivière Kanyaru au nord du Burundi génère des intérêts au niveau social, économique et relationnel. Léoncie Mpawenimana en est témoin. Entrepreneure dès le bas âge, elle exerce aujourd’hui un grand commerce. Elle vient de changer de marchandises et la forme de son commerce pour s’adapter aux relations socio-politiques entre le Burundi et le Rwanda.

Un travail de longue haleine

« Moi j’ai 45 ans, témoigne Léoncie, et j’ai commencé à me débrouiller depuis mon jeune âge en tant que jeune fille“. Elle devait faire des tâches de labour chez les voisins contre une petite somme d’argent pour  subvenir à ses propres besoins et à ceux de sa famille. Plus tard, petit à petit, Léoncie MAWENIMANA a commencé à aller vendre les légumes au Rwanda, non loin de la frontière naturelle constituée par la rivière Kanyaru. „Je me réjouis aujourd’hui de ma situation de femme commerçante“ car, explique cette commerçante transfrontalière; en tant que grossiste des bières de la Brarudi et autres produits alimentaires, elle  détient des marchandises d’une valeur de plus de dix millions. qui s’ajoutent aux immobiliers et liquidités auxquels elle recourt chaque fois pour nourrir et scolariser ses neuf enfants. „Je dois avouer que c’est le résultat d’un long parcours, mais l’environnement était favorable à nos activités commerciales“, se confie-t-elle à notre reporter.

Un commerce sensible aux aléas socio-politiques.

L’administration locale est consciente que le commerce transfrontalier a régressé. L’Administrateur de la commune Busiga confirme la régression du commerce transfrontalier exercé en grande partie par des femmes et des jeunes filles dont Léoncie MPAWENIMANA ces dernières années. Selon Joseph NAHIMANA, la situation politico-sécuritaire qui a causé la restriction des mouvements du Burundi vers le Rwanda et vice-versa en est la principale cause. Aussi, ajoute l’administrateur de Busiga, “ il est interdit d’exporter les vivres burundais pour éviter que le marché interne se vide au détriment des consommateurs nationaux„. En outre, renchérit le même administratif local, “ un laisser-passer coûtant 35 000 francs burundais a été exigé depuis 2015 alors qu’avant les commerçants transfrontaliers se rendaient vers le Rwanda moyennant la seule carte nationale d’identité„. Une mesure qui n’est pas non plus de nature à encourager les petits commerçants transfrontaliers.

Une activité qui  améliore la vie des femmes et des familles.

Grâce à ce commerce transfrontalier, les femmes deviennent plus libres et autonomes financièrement. Les relations de couples s’améliorent beaucoup, la protection de la famille et la scolarisation des enfants sont assurées.  Les populations et les autorités administratives sont unanimes que les Violences Sexuelles et celles basées sur le Genre (VSBG) diminuent progressivement.

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