Au Burundi, nourrir la famille est un véritable casse-tête pour les chômeurs

 Le monde célèbre chaque année, le 16 octobre, la journée de l’alimentation. Au Burundi, la plupart ne satisfont pas ce besoin élémentaire, la pauvreté extrême étant la principale cause.

Jean Claude NZOYIHAYA est l’un de ceux qui sont touchés : ce père de famille est en chômage depuis près de trois ans, ainsi que son épouse. Les deux personnes se débrouillent pour nourrir leurs deux enfants et deux élèves à leur charge. Si l’un des deux conjoints parvient à trouver un ou deux kilos de haricot ou de riz, ce jour là la famille souffle. Ils craignent le pire avec la suspension de plus de 130 organisations non gouvernementales étrangères (ONGE) opérant au Burundi pendant trois mois ; car ils recevaient un soutien financier de certains des employés de ces organisations.

Au déséquilibre nutritionnel s’ajoute une quantité insuffisante

Ce chef de famille dit que les fruits, la viande, les poissons sont des denrées rares chez lui. Ils mangent le riz, le haricot ou la farine de maïs. Des fois, son fils va à l’école sans avoir reçu un seul beignet à se mettre sous la dent. Ou alors ce sont les parents qui s’abstiennent et n’arrivent à manger le soir pour donner la priorité aux enfants, étant donné que la quantité est trop minime. Cette situation n’est pas des meilleures et les enfants sont très embarrassés. « Nous devons expliquer pourquoi nous n’allumons pas le feu pour cuire les aliments, les calmer quand ils pleurent suite à la faim et souvent ils finissent par attraper le sommeil », explique J Claude N.

La cause principale étant le chômage des deux parents, les conséquences restent multiples ; immédiates et lointaines. Le père de famille en donne quelques-unes : “  je peux parler des pleurs intempestifs de mes enfants, de la faim qui les empêche même de bien suivre en les cours en classe, les maladies diverses des enfants comme des parents, d’une mauvaise croissance chez les enfants au moment où nous les adultes perdons chaque fois du poids et sommes toujours sous stress ou en insécurité“.

Un malheur ne vient jamais seul

La suspension des ONGE  pendant trois mois à partir du 1er octobre 2018 au Burundi risque de détériorer la situation des affamés et des autres vulnérables. C’est du moins l’avis de ce père de famille en situation de chômage qui déplore la situation de vulnérabilité des fonctionnaires de ces ONGE  qui lui venaient en aide. Aussi, ajoute-t-il, certaines ONGs appuyaient le gouvernement burundais dans le secteur de l’agriculture et de l’élevage. Selon lui, les productions agricoles vont chuter, ce qui va occasionner une famine cette fois généralisée, une insécurité, du banditisme et pourquoi pas des crimes. Il demande au gouvernement burundais de mettre en place une bonne politique agricole et de revoir à la hausse le budget de l’agri-élevage. Aux bienfaiteurs, il demande d’augmenter leurs interventions dans le secteur agricole.

Environ 1,67 million de personnes sont estimées en situation d’insécurité alimentaire grave au Burundi, selon le rapport fait par la FAO.

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